C'est l'été !
Un jeune couple se rend sur la Côte d'Azur pour y passer quelques jours de vacances.
Hélas, quand le malheur a décidé de frapper, il ne choisit ni le moment, ni le lieu, encore moins les personnes. Il s'abat au hasard.
En ce mois de juillet, Anastasia et Edouard sont happés de plein fouet par un étrange destin qui va les rattraper ...
Le début du livre :
Le son strident d'une sirène la tira de son inconscience. Elle voulut ouvrir les yeux mais ceux-ci lui parurent si lourds qu'elle n'insista pas. Une douleur lancinante lui transperça le crâne
tandis que des voix, au loin, produisaient un vacarme sourd. La blessée se sentit transportée sur un support dur. Les éclats de voix s'estompèrent, se turent enfin, pour laisser place à un
vrombissement de moteur. Le hurlement de la sirène résonnait toujours.
Quelques instants plus tard, la jeune femme tenta de soulever ses paupières. Malgré l'effort, cela s'avéra difficile. Sa vue, trouble tout d'abord, devint plus nette. Elle aperçut alors, à ses
côtés, un homme portant une chemise bleue sur laquelle elle crut distinguer un insigne : SAMU. Le médecin plaçait un tensiomètre autour de son bras et le gonflait à l'aide d'un manchon ; il
posa alors son stéthoscope sur l'artère, en aval du brassard, et le dégonfla progressivement.
- Ne bougez pas ! lui dit-il. On vous emmène à l'hôpital.
***
Anastasia dormait d'un sommeil troublé lorsqu'une infirmière entra dans la chambre. Elle lui prit le pouls puis nota quelques chiffres sur le dossier médical suspendu en bout de lit. Sa montre,
accrochée à son corsage, marquait vingt-trois heures. Elle sortit sans bruit, referma doucement la porte derrière elle.
***
Une odeur d'éther imprégnant l'air l'éveilla. La jeune femme regarda autour d'elle et discerna des murs blancs, une armoire de couleur identique, une petite table à roulettes ainsi qu'un
fauteuil beige. Une chambre d'hôpital ? Elle aperçut le dessus de sa main droite piquée d'une aiguille reliée à une perfusion par un long tube très fin. Elle souleva lentement la tête. Sa jambe
droite portait un plâtre mais aucun souvenir ne lui revenait à l'esprit, aucun souvenir de ce membre apparemment cassé, ni comment ? Elle reposa la tête sur l'oreiller et ses yeux se fermèrent,
l'entraînant dans un profond sommeil. L'horloge murale indiquait minuit moins le quart.
***
Le docteur Rivet débuta ses visites à huit heures le lendemain matin. Une pile de dossiers dans les mains, il entra dans la chambre 306, accompagné d'un jeune infirmier.
- Anastasia d'Angelo. Elle a été admise hier soir après un accident de la route, l'informa l'assistant.
- Hum… Jambe fracturée, contusions, constata le médecin.
Il prit le dossier de la blessée sur sa pile de documents, posa les autres chemises cartonnées sur la table roulante. Il remonta ses lunettes sur un nez proéminent, d'un geste machinal.
- Rien de bien grave.
- Non, confirma l'infirmier, si ce n'est le décès du jeune homme se trouvant dans la même voiture lors de l'accident. Elle n'est pas au courant. Depuis son admission, elle n'a
pratiquement pas ouvert les yeux.
- Je vois ! Je repasserai plus tard avec le docteur Eldon. Il sera plus à même de lui annoncer cette triste nouvelle.
- Après nos visites, j'appelle son secrétariat.
- Bien. Allons voir ce cher M. Dutour. Comment se porte-t-il aujourd'hui ?
- Mieux. Beaucoup mieux. Hélène est arrivée à lui faire avaler de la purée, hier soir.
- Parfait !
Les deux hommes sortirent en continuant leur conversation. Anastasia n'avait pas bougé d'un pouce.
***
Elle se réveilla une heure plus tard. Une odeur de café lui chatouillait les narines. Une aide-soignante entrait, un plateau dans les mains, qu'elle déposa sur la table roulante.
- Bonjour, Mlle d'Angelo. Comment vous sentez-vous ? demanda doucement l'aide-soignante.
- Un peu courbaturée ! répondit la jeune femme, la voix brisée. Je souhaiterais me rendre aux toilettes, continua-t-elle.
- Je vais vous aider.
Quelques instants après, retrouvant son lit, Anastasia demanda :
- Comment me suis-je cassée la jambe ?
- Vous avez eu un accident, la renseigna l'aide médicale. Vous ne vous souvenez pas ?
- Non…
- C'est dû au choc que vous avez subi, votre mémoire va revenir. Le docteur Rivet est passé vers huit heures, mais vous dormiez. L'infirmière de jour pourra peut-être vous en apprendre plus,
elle a commencé sa ronde. En attendant, mangez un peu.
Restée seule, Anastasia détourna les yeux du plateau. Elle essaya de fouiller dans sa mémoire. En vain. Aucun souvenir. Elle ferma les yeux et sombra dans une sorte de demi-sommeil.
- Attention, l'arbre devant toi !
Anastasia sursauta et ouvrit les yeux.
- Édouard ! cria-t-elle tout haut.
Anastasia était en nage. Elle reprit ses esprits. Le plateau du petit-déjeuner avait été débarrassé. La femme de service avait dû repasser le prendre pendant qu'elle somnolait. Elle ne l'avait
même pas entendue. Elle prit le verre d'eau qu'elle avait laissé et le but d'un trait. Tout lui revenait en mémoire : la dispute, l'accident…
Anecdote :
Commencé vers 1997, l'écriture de ce roman a été pour l'auteur un peu comme une bouteille d'oxigène.
Elle avoue l'avoir rédigé en parallèle à "la chaîne de souffrance", son autobiographie publiée en avril 2005, pour
sortir de l'ambiance éprouvante de ce dernier.
© Pietra Liuzzo - Tous droits réservés
- ISBN 978-2-9526036-0-7
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